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29/02/2012

AVOIR OU NE PAS AVOIR...

Rodolphe scenariste Les humeurs de rodolphe bistre.jpg
J'appartiens à ces générations pour lesquelles la possession de biens culturels est nécessaire.
Nécessaire? Que dis-je: indispensable! vitale!
Ces générations qui précisément souffrent de voir ces biens -livre, DVD, CD- menacés (à court terme?) de disparition.



Comment imaginer vivre sans avoir à portée de main chez soi, dans son salon, sa bibliothèque, quelques poignées de ces trésors dans lesquels on se retrouve et qui nous aident à vivre?

Certes on nous explique bien que ce sont les supports qui disparaissent et non l'oeuvre qu'ils portent.
Celle-ci devenue virtuelle peut être convoquée à n'importe quel moment, de n'importe quelle part du monde, par la simple pression d'un doigt sur un bouton d'ordinateur, de tablette, d'I-pod ou autre gadget futuriste!

Quelle frustration toutefois, pour la génération dont je suis, de voir le support devenir virtuel, fantôme, s'étioler et disparaître!
Tenir l'objet entre ses mains ( ou contre son coeur!)représentait un plaisir, une chaude satisfaction, que rien ne saurait remplacer (pas même l'aspect immédiat, économique, pratique de sa "virtualisation").

Pourtant, il est vrai que notre fringale de la possession de biens culturels est récente...
Depuis quand stocke-t-on des films chez soi? Depuis l'invention de la cassette (fin 70).
Et de la musique? Depuis le début du 20éme siècle (sous forme de rouleaux de cire) pour les élites, depuis les années 40 (le 78 tours) ou 50 (le vinyl) pour le plus grand nombre.
Le livre lui-même n'a pas toujours été là! Objet de luxe il était pour le plus grand nombre consultable
dans des bibliothèques, tout comme la musique s'écoutait au concert ou dans la rue, et les films se voyaient au cinéma...
Tout celà on l'a bien oublié...

Notre génération (et les quelques précédentes) a été celle de la possession.
Avoir et se cramponner à ce que l'on a. Car ce qu'on a peut nous être retiré.
Une guerre, la misère, des autodafés, que sais-je?..

Aujourd'hui -et en tout cas demain- tout sera disponible partout.
C'est en tout cas ce qu'on nous dit.
Alors, si c'est vrai , à quoi bon accumuler, stocker, thésauriser?
Poèmes de jeunesse de Jarry, oeuvres mineures de Théophile Gautier, films expressionnistes muets, inédits de Jimmy Hendrix, un seul clic suffit, et hop!

Peut-être dans le fond avons nous tort de nous cramponner à ce présent qui vire passé!
De toute façon l'avenir a toujours raison (et puis on ne nous demande guère notre avis!)

RODOLPHE

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