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17/03/2013

ECRIRE SUR LE SABLE

Le saviez-vous: la durée de vie moyenne d'un livre (et d'une bande dessinée) en librairie est aujourd'hui de moins de 3 semaines!
Passé ce cap, hormis s'il bénéficie d'une notoriété particulière ou d'un gros soutient des médias, le livre (restant) est remis dans son petit carton et retourné à l'éditeur! Et plus ça va, plus cette durée de vie se réduit! Prés de 6000 albums de BD cette année, plus encore de livres d'enfants ou de romans, où voulez-vous que le malheureux libraire trouve la place de les présenter et la trésorerie nécessaire à avancer?

Rodolphe, scenariste, les humeurs de Rodolphe


Conséquence de cette surproduction et de cette asphyxie des libraires, le "fond" disparait. Par "fond" on entend les titres qui ne sont pas des nouveautés mais font partie des "référents" des (à-priori) "incontournables"... En matière de bande dessinée, il s'agira des titres précédents d'une série. Aujourd'hui seules une dizaine de séries "phares" peuvent s'enorgueillir d'avoir leurs titres précédents encore disponibles en boutique.
Pour le reste il faut commander...

...En espérant encore que l'éditeur ai jugé bon de conserver ce "fond" dans ses entrepots. Bon nombre de titres, de collections, de séries, font l'objet de fréquents ménages dans les catalogues et passent à la trappe (celle du soldeur) ou pire encore sous les coups du pilon, si leur taux de rotation est jugé trop faible.

Pour la seule année écoulée, trois de mes livres ( 2 bande dessinées, un livre d'enfant) ont ainsi été abandonnés à eux-mêmes...
Sur les 150 ou 200 titres que j'ai signé ou co-signé, seul le tiers doit à ce jour être disponible. Le reste, considéré comme "épuisé" a été retiré des références des catalogues...
D'où cette impression un peu vertigineuse d'écrire sur le sable: au fur et à mesure que les livres d'aujourd'hui prennent vie, ceux d'hier disparaissent.
Oui, une sorte de vertige. Et parfois un pincement aussi...
Rodolphe

Commentaires

Rodolphe,

Je comprends ce "pincement " mais il m'arrive aussi d'avoir " la nausée " dans une librairie, véritable jungle de livres...En parlant des publications excessives en psychanalyse Jacques Lacan osait l'à peu-près : " poubellication " ...Bernard Pivot indiquait la nécessité vitale qu'il avait de se débarrasser des livres lus et des nombreux " services de presse " ...
Malgré cela, j'écris, j'auto-publie, je lis en public : plaisir du texte, sensualité du moment partagé... Éphémère mais précieux ...Toujours notre manie de vouloir archiver, garder, pas véritablement relire...Un travail entre la vie et la mort.

Amicalement,
Michel Sidobre

Écrit par : SIDOBRE | 17/03/2013

Bien sûr! Il faut poursuivre malgré les "pincements" comme malgré les "nausées". C'était juste une petite bouffée de mal-être, comme ça en passant...
DE toute façon tout est toujours écrit sur le sable et effacé le lendemain. A commencer par nos vies...

Écrit par : RODOLPHE | 18/03/2013

Mon avis de libraire diffère quelque peu :
http://pointdefuitebd.wordpress.com/2013/02/18/surproduction/
Il faut continuer d'y croire…
Salutations.
Fred

Écrit par : fred | 21/03/2013

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